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Henri IV - le règne interrompu

Ecouter les morceaux de musique

Déserts témoins de mes pensées

Pierre Guédron

Source musicale : Doulce Mémoire ; dir. Denis Raisin-Dadre ; enregistrement public (hors commerce), réalisé lors du concert donné au Château de Versailles (Salon d’Hercule, 11 octobre 2003) dans le cadre des Journées « Louis XIII musicien et les musiciens de Louis XIII », organisées par le Centre de Musique Baroque de Versailles ; enregistrement : Thierry Géroux, Atelier d’Euterpe (Le Chesnay).

Légende

(texte : Pierre Motin)

À la fin du règne d’Henri IV, l’air de cour évolua vers un style plus subtil, plus ornemental. Celui-ci répondait aux idéaux d’une société de plus en plus raffinée, qui s’épanouit au sein de cercles mondains occupés à définir une sociabilité moderne, régie par de nouveaux codes de civilité, liant activités du cœur et de l’esprit.
Cette évolution est particulièrement sensible dans le troisième recueil d’airs de cour (1612) de Guédron, dont cet air est extrait. Composé sur un beau texte de Pierre Motin, on y sent les prémices d’une nouvelle esthétique, plus galante et lyrique. Divisé en deux parties, l’air débute par un récit monodique aux contours délicatement ornés, auquel succède une polyphonie plus déliée et moins verticale que dans les airs des deux recueils précédents du compositeur.

Compositeur

Pierre Guédron

v. 1565-1620

Le benjamin des trois grands compositeurs de la cour d’Henri IV est né à Châteaudun vers 1565 ou 1567. Contrairement à ses aînés Claude Le Jeune et Eustache Du Caurroy, Pierre Guédron ne s’illustra que dans le domaine de la musique profane, dont il devint rapidement un des principaux maîtres.

C’est en 1583 que son nom apparaît dans les archives pour la première fois : il est cité parmi les cinq chantres de la Chapelle de Louis II de Guise, cardinal de Lorraine, venus se produire au puy de musique d’Évreux en 1583, où il chanta « la haute-contre fort bien », bien qu’il fût « en mutation de sa voix », c’est-à-dire âgé d’environ 15 à 18 ans. La date de son arrivée à la Cour est inconnue. Peut-être rejoignit-il les chantres de la Musique du roi après la mort du cardinal de Lorraine, en 1588. Les comptes de la Cour ne mentionnent son nom qu’en 1599, comme Maître des enfants de la Musique de la Chambre. Il devint Compositeur de la Musique de la Chambre au plus tard en mars 1601, en remplacement de Claude Le Jeune, mort l’année précédente. Il allait obtenir la consécration sous le règne de Louis XIII, en obtenant en 1613 les charges de Surintendant de la Musique de la Chambre du roi et de Maître de la Musique de la reine mère Marie de Médicis, cédant sa charge de Maître des enfants à son gendre Antoine Boesset (1587-1643). Guédron se fit rapidement un nom en développant de manière décisive l’air de cour, genre musical profane à la mode dont il devint rapidement le maître incontesté. Après quelques pièces insérées discrètement dans des anthologies anonymes (1595, 1596 et 1597), Ballard publia en 1602 le premier recueil exclusivement consacré aux airs du musicien, marquant ainsi le début de sa notoriété. Guédron fournit également la musique les airs et récits vocaux des principaux ballets dansés à la cour de France entre 1598 et 1620, du Ballet des Étrangers au Ballet d’Alcine. Considéré comme le meilleur artisan de l’avènement de la monodie accompagnée en France, il mourut dans le courant de l’année 1620, vers le 9 juillet.

185 de ses airs de cour et de ballet nous sont parvenus, dans des versions à 4 ou 5 parties ou pour voix et luth, parues dans des recueils anthologiques ou monographiques à partir de 1595. La plus grande partie figure dans six recueils polyphoniques signés de l’auteur et publiés par Ballard, « imprimeur du roy pour la musique », entre 1602 et 1620.

Texte

Desers tesmoins de mes pensées,
Rochers jusqu’aux cieux élevés,
Cheres forets qui reçevés
Le jour sans en estre percées :
Devant vous je puis seulement
Dire que j’ayme extrémement.

La nuit de Pavos couronnée
Ne me sçauroit fermer les yeux,
Car trop d’objéts delicieux
Tiennent mon ame environnée :
Et mes plus aymables portraits
Ce sont des chaines & des traits.

Celles qui se donnent la gloire
D’avoir enflammé mes esprits,
N’avoyent que des glaçons au pris,
Où j’en ay perdu la memoire :
J’esprouve estant si bien domté,
Que je ne l’ay jamais esté.

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