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Henri IV - le règne interrompu

Ses convictions politiques

Les convictions politiques qui guident l’action d’Henri IV naissent très tôt, au moment où il n’est encore que roi de Navarre. Il leur restera fidèle tout au long de sa vie. Son « laboratoire de la coexistence » installé à Nérac dès 1577, où cohabitent catholiques et protestants dans son sillage, devient le miroir d’un projet visant à la coexistence des deux communautés religieuses. Conscient de la nécessité de dépasser le clivage religieux, Henri utilise dès cette époque deux biais.

Il rappelle tout d’abord qu’il est « né prince chrestien ». Ni protestant, ni catholique, mais « chrestien », moyen habile d’effacer les étiquettes stigmatisantes de « huguenot » ou de « papiste » que les belligérants s’envoient à la figure depuis le début des troubles. Henri veut donc mettre en avant ce qui rassemble plutôt que ce qui divise.

Henri rappelle ensuite qu’il est « né françois », cette qualité primant selon lui sur celle de chrétien. C’est l’argument patriotique maintes fois utilisé par le souverain, bien avant son accession au trône de France. Dès 1576 il insiste sur « l’amour de sa patrie, l’héréditaire obligation de ses prédécesseurs et sa naturelle inclination » avant d’ajouter que « nous sommes tous françois et concitoyens d’une même patrie ». L’argument patriotique surprend par sa nouveauté, à l’heure où la constitution de la nation n’est qu’embryonnaire. Mais Henri a compris que cette qualité de « françois » est une façon subtile de rassembler les sujets et finalement d’imposer la paix.

L’argument est ensuite repris régulièrement, comme dans son discours aux Trois États de ce Royaume (Châtellerault, 4 mars 1589) dans lequel il affirme : « Jamais mon pays n’ira après moi. Son utilité précèdera toujours la mienne, et toujours on verra mon mal, mes dommages, mes afflictions courir devant celles de ma patrie [...] ». Il est ensuite opportunément dirigé contre un ennemi commun, les Espagnols, catalyseurs de la nouvelle union des Français. Ce dernier aspect tourne même à l’obsession vers la fin du règne. Ainsi, aux parlementaires toulousains traînant des pieds pour enregistrer l’édit de Nantes en 1600, Henri rétorque : « J’aperçois bien que vous avez encore de l’Espagnol dedans le ventre ! ». Ou encore en 1608 lorsqu’Henri, furieux à l’égard d’ Henriette d’Entragues, la sermonne en termes qui montre sa haine de l’Espagne : « Je trouvai ce matin, à la messe, des oraisons en espagnol entre les mains de notre fils ; il m’a dit que vous les lui aviez données. Je ne veux pas qu’il sache seulement qu’il y ait une Espagne ».

Médias associés à cette fiche

Titre du média : Château Henri IV

Château Henri IV à Nérac
Cliché : Musée du château Henri IV, Nérac
Légende :
Château Henri IV.

Titre du média : Henriette de Balzac d’Entraigues, Mme de Verneuil

Portrait d'Henriette de Balzac d’Entraigues
© Musée du château royal de Blois / François Lauginie 2008
Légende :
Henriette de Balzac d’Entraigues, Mme de Verneuil, école française, début XVIIe siècle, huile sur toile, Musée du château royal de Blois, Inv.872.3.45.

Titre du média : Henri IV en armure

Portrait d'Henri IV en armure
© Musée national du château de Pau / Jean-Yves Chermeux
Légende :
Henri IV en armure, gravure par Thomas de Leu, 1593. Musée national du château de Pau, P.55-15-3
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