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Henri IV - le règne interrompu

La fantaisie instrumentale

En matière de musique, la Renaissance française a privilégié la voix et toute forme permettant de mettre en évidence les rapports étroits qui unissaient le texte et la musique : messes, motets, psaumes en français, chansons polyphoniques et airs se partageaient le paysage musical afin de souligner la prééminence du texte, vecteur des « passions » chères aux idéaux humanistes. Quand ils n’étaient pas cantonnés aux « danseries » et à la musique militaire ou d’apparat, les instruments devaient se fondre dans ces formes vocales. Pour autant, la musique purement instrumentale n’était pas totalement absente.

À côté du répertoire de bal, plus fonctionnel et léger, la fantaisie (ou « fantasie ») – pièce savante d’écriture contrapuntique, souvent fuguée, apparentée au ricercar italien – fut le fleuron de la musique instrumentale de la Renaissance française et connut son apogée sous le règne d’Henri IV. Symbole du développement d’un répertoire instrumental spécifique, le genre resta longtemps assujetti à des modèles vocaux. D’abord copie plus ou moins stricte et ornée ou « diminuée » d’un contrepoint vocal préexistant, la fantaisie fut, à la fin de la Renaissance et le début du XVIIe siècle, un véritable lieu d’expérimentations visant à libérer la musique instrumentale des contraintes structurelles, métriques et sémantiques du texte littéraire de son modèle. Sur la base d’un sujet musical donné – encore généralement une citation vocale – et selon les règles savantes du contrepoint, le musicien pouvait prendre « la liberté d’employer tout ce qui lui [venait] dans l’esprit sans y exprimer la passion d’aucune parole » (Marin Mersenne, Harmonie universelle, 1636). Les citations, puisées dans les répertoires vocaux profanes ou religieux, n’étaient plus que de simples prétextes à d’amples et savantes « recherches » contrapuntiques. Bien que particulièrement convenables aux violes, ces fantaisies offraient toute liberté d’instrumentation, n’étant elle-même généralement pas précisée par les compositeurs.

Les quarante-deux Fantasies a III. IV. V. & VI. Parties d’ Eustache Du Caurroy, publiées à Paris en 1610, constituent certainement le corpus le plus vaste et le plus abouti du genre, tant par son exceptionnelle qualité que par son projet même : en mêlant des citations musicales profanes (chansons polyphoniques) ou religieuses, catholiques (mélodies de plain-chant) ou protestantes (mélodies du Psautier de Genève, 1562), le corpus légué par le sous-maître de la Chapelle d’Henri IV laisse en effet percer une intention quasi œcuménique.

Médias associés à cette fiche

Titre du média : Sainte Cécile

Peinture représentant sainte Cécile musicienne
© MBA, Rennes, Dist RMN / Adélaïde Beaudoin
Légende :
Sainte Cécile, huile sur cuivre par Jacques Stella, XVIIe s. Musée des Beaux-Arts de Rennes, INV1996-2-1
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