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Henri IV - le règne interrompu

L’homme

François Ravaillac était un grand gaillard roux, âgé d’une trentaine d’années au moment des faits (il est né en 1578), appartenant à la toute petite bourgeoisie d’Angoulême. Pour mieux comprendre son geste, les historiens ont scruté les minutes de son procès et ont beaucoup insisté sur l’instabilité qui le caractérisait. Instabilité familiale d’abord. Ravaillac venait d’une famille divisée dans laquelle les parents vivaient séparés depuis six ans et les enfants étaient dispersés. Instabilité professionnelle ensuite. D’abord domestique, il apprend à lire et à écrire pour devenir « praticien », chargé de suivre les procès de particuliers devant les tribunaux et de rédiger des actes juridiques. Plus récemment il a ouvert une école pour enseigner à de jeunes enfants de sa ville et des faubourgs. Parcours éclectique et chaotique qui ne l’avait pas réellement mis à l’abri de l’état de pauvreté et de mendicité. C’est peut-être du côté de son instabilité psychologique qu’il vaut mieux chercher, car Ravaillac est ce que nous appellerions aujourd’hui « un fou de Dieu » ou un « illuminé ». Il a des visions. À plusieurs reprises au cours de son procès, il fait référence à ce feu et ces hosties qu’il voit flotter dans les airs, à ces odeurs de soufre qu’il sent tout autour de lui. Ravaillac est un bon catholique, mais un catholique exalté, inaltérablement persuadé qu’il a été choisi pour accomplir son geste au nom de Dieu. Cette conviction religieuse l’a d’ailleurs conduit à plusieurs reprises à vouloir entrer dans les ordres, mais par deux fois - les Feuillants d’abord, les Jésuites ensuite - l’ont repoussé.

Ravaillac est aussi un homme sous influence car il est le fruit d’un contexte idéologique qui tendait à justifier le régicide, lorsque le roi était devenu un tyran. Ces théories très anciennes puisaient leur justification dans les écrits bibliques et dans l’antiquité païenne et avaient été entretenues et enrichies tout au long du Moyen Âge. Après 1589 et l’arrivée sur le trône d’Henri IV, les catholiques zélés s’approprient ces thèses. Selon eux, Henri IV est d’abord un tyran d’usurpation car il souffre d’un problème de légitimité. Le roi est ensuite un tyran d’exercice. Il est entouré de conseillers protestants et sa politique de pacification leur est favorable. En outre, le roi s’apprête à faire la guerre aux Habsbourg, des catholiques ! Le tout allié à des princes allemands protestants ! La démonstration est limpide. Tyran d’usurpation et d’exercice, il méritait de mourir à double titre.

Ravaillac a entendu ces théories propagées par la prédication. Il a entendu dire dans les tavernes, par la bouche des soldats, que le roi s’apprête à faire la guerre à des catholiques, allié à des protestants et que cela est contre nature. Dans son esprit, attaquer les Habsbourg, c’est faire la guerre au pape et donc à Dieu. Tout ceci renforce son intime conviction. Henri IV est un tyran. Avec l’aide de Dieu il sera celui qui, par son geste et son sacrifice, libérera le royaume de ses malheurs.

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Titre du média : Assassinat d’Henri IV et arrestation de Ravaillac

Assassinat d’Henri IV et arrestation de Ravaillac
© RMN / René-Gabriel Ojéda
Légende :
Assassinat d’Henri IV et arrestation de Ravaillac le 14 mai 1610 (détail), peinture par Charles-Gustave Housez, XIXe s. Musée national du Château de Pau
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